par Luc Charron

LES SEPT CHARRON IMPLIQUÉS DANS LA RÉBELLION:

Antoine Charron, de St-Césaire
François Charron, de Longueuil
François Charron, de Verchères
François Charron, de Chambly
Jean-Baptiste Charron, de Ste-Scholastique
Joseph Charron, de Ste-Scholastique
Joseph Charron, de St-Valentin

Le précédent chapitre, nous a fait prendre connaissance des chemins ayant mené le peuple à la révolte. Dans le présent chapitre, il sera révélé les activités et implication des Charron ayant pris part à ces événements historiques.

Aux Archives Nationales du Québec, le livre Roy-rapport de l’archiviste sur la rébellion de 1837-1838, publié en 1926, donne par ordre alphabétique les noms des participants directs et indirects à l’insurrection. Chaque déclaration, déposition, note, examen, affidavit, etc., sont microfilmés.
Les pages suivantes comportent un résumé des faits relatifs à un des patriotes ci-haut mentionnés, suivi de photocopies de microfilms des textes originaux, d’une transcription de ceux-ci et finalement, s’il y a lieu, de l’ascendance généalogique de l’individu.
Vu la documentation volumineuse des documents, nous retrouverons dans les chapitres subséquents d’autres histoires des Patriotes. Pour l’instant, allons lire les faits concernant Antoine Charron de St-Césaire et de François Charron de Longueuil.

(1) ANTOINE CHARRON de St-Césaire

Une déclaration, datée du 27 décembre 1838, d’Antoine Charron concernant le rapport des affaires des Patriotes est relatée dans le document ANQ 03q-e17>23, #619. Il s’agit d’un bref témoignage.

(2) FRANÇOIS CHARRON de Longueuil

Dans le document ANQ e17 >16, #63, on retrouve la mention des activités du susmentionné. Il s’agit d‘un affidavit contre celui-ci et dix-neuf de ses compatriotes , déclarant qu’ils ont pris part à l’ attaque sur un détachement de cavalerie Britannique, la “Montreal Cavalry Volunteer”, détenant des prisonniers Patriotes devant être conduits à la nouvelle prison “au-pied-du-courant” à Montréal . L’affidavit est daté du 22 novembre 1837.

Ascendance généalogique

FRANÇOIS CHARRON DE LONGUEUIL

Génération 1
Pierre Charron et Catherine Pillard
Montréal 1665
Génération 2
Nicolas Charron et Marie-Magdeleine Viau
Longueuil 1703
Génération 3
François Charron et Marie-Josephte LamoureuxB
Boucherville 1753
Génération 4
François Charron et Rose Coupal-Lareine
Montréal 1783
Génération 5
François Charron et Marie Lamarre
Longueuil 1817

Enfants

François Charron et Louise Huet-Dulude
Marie Charron et Louis Sénécal
Émilie Charron et Joseph Jodoin
Clothilde Charron et Jean-Baptiste Renaud-Deslauriers
Casimir charron et Louise Brais
Albert Charron et Marie-Albine Marion
Anastasie Charron et Charles Bréard

 

Bibliographie:    Recensement de Longueuil de 1831 et 1842.
Répertoire des mariages de Longueuil.
Rapport de l’Archiviste 1925-26 sur la rébellion de 1837-38.

N° 63-Affidavit de Godefroy Lavigueur, Moïse Vincent, Joseph
Viger, Jean-Baptiste Desloriers, Louis Lavigueur, François Charran, François
Varie, Jean-Baptiste Riendeau, Joseph Jolineau, Joseph Gervais, Joseph
Benoît, Joseph Bellerose, Modeste Patenaude, Pierre Sainte-Marie, Louis
David, François Benoît, Joseph Bessette, Joseph Brais, Camille-Toussaint
Sainte-Marie, Louis Duval (22 novembre 1837). Les déposants déclarent qu’ils
ont pris part à l’attaque sur la cavalerie, et qu’ils y ont été forcés par Joseph
Vincent. Détails sur l’attaque.

Comme les 20 rebelles ne savaient pas signer, ils ont apposé leurs marques sur le document assermenté en date du 22 novembre 1837, à l’effet que “vendredi le dix-sept novembre courant au matin (de très bonne heure), le nommé Joseph Vincent, capitaine de Milice de la dite paroisse serait venu trouver les déposants à leurs résidences respectives en la dite Paroisse, et les auraient commandé en sa qualité de capitaine de Milice susdite, de sortir aussitôt avec leurs armes et de l’ammunition (et aurait donné de l’ammunition à ceux qui n’en avait point) pour aller à la rencontre de la Cavalerie volontaire de Montréal, qui disait-il, était allé dans les campagnes voisines faire des prisonniers, afin de leur ôter tous prisonniers qu’ils pourraient avoir, et tirer sur eux.”

Et la déclaration continue: “conséquence de ce commandement, les déposants obéirent et se rendirent, les uns armés de fusils , d‘autres avec des fourches de fer, des baïonnettes et des bâtons, dans le chemin de Chambly sous le commandement dudit Joseph Vincent où ils  trouvèrent un grand nombre d’autres habitants de la savane de Longueuil armés de la même manière qu’ils l‘étaient eux-mêmes, aussi des habitants de Boucherville, pareillement armés, tous sous le commandement du nommé Bonaventure Viger, officier de milice de la dite Paroisse
de Boucherville ; que tous réunis , ils étaient au nombre d’à peu près cent soixante personnes, dont deux tiers au moins avaient des fusils ; qu’ ils étaient là rassemblés et sous le commandement et ordres des dit Joseph Vincent et Bonaventure Viger “.

“Qu’entre les neuf et dix heures du matin dudit jour 17e novembre, ils aperçurent la cavalerie avec des prisonniers dans un waggon traîné par deux chevaux, â qui en arrivant près d’eux, le dit Bonaventure Viger cria d’arrêter; que la dite cavalerie se serait arrêtée un instant, et aurait aussitôt continué son chemin avec ses prisonniers, lorsque le dit Bonaventure Viger cria : “Feu”. Il se fit aussitôt une décharge des dites armes à feu sur la cavalerie, qui rendit quelques coups de pistolets”.

“La dite cavalerie prit alors la fuite, laissant derrière eux le waggon et tous les prisonniers; que les personnes ainsi assemblées, auraient alors conduit les prisonniers nommés docteur Davignon et Pierre-Paul Desmarais chez un nommé Olivier Fournier dit Lagrenade, forgeron résidant près de l‘endroit où l‘assaut avait eu lieu, il aurait coupé les fers desdits prisonniers et les auraient par conséquent mis en liberté; que les déposants auraient en cette occasion agit par
ignorance, et par peur que l’on détruisit leurs propriétés s’ ils n’ y assistaient pas, ayant tous été menacés à cet effet les uns par le Joseph Vincent, et les autres par le dit Bonaventure Viger; et les déposants ne disent rien de plus et ont tous déclaré ne savoir signer, et ont fait leurs marques respectives»”

 

 Ce texte a été publié une première fois dans notre bulletin le Trait d’union de l’Association des Charron et Ducharme Inc.
Vol. 1 no.3 page 10,
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