Les Charron en France

Nos ancêtres Charron demeuraient à Meaux, dans la province française de la Brie (aujourd'hui en Seine-et-Marne), à 50 km environ à l'est de Paris. Nous connaissons maintenant leur histoire, grâce aux recherches de M. Jean-François Viel, généalogiste professionnel mandaté par l'association à cette fin. Le résultat de ces recherches, des dizaines d'actes et de contrats datant de 1481 à 1684, a été publié intégralement en 2009 dans un volume remarquable intitulé «  Les Charron de Meaux et les familles alliées » Si vous en désirez un exemplaire, au Menu principal cliquer sur l'onglet Nos publications.

Nos ancêtres étaient ou bien des marchands, ou bien des gens de métier, mais aucun n'utilisait le surnom Ducharme, qui est donc une initiative purement québécoise. C'étaient des gens instruits, et tous savaient signer leur nom. Leurs conjointes et les conjoints de leurs filles étaient issus du même milieu. Donc, des gens de la petite bourgeoisie de cette ville industrieuse.

 

Chose étonnante, plusieurs membres de la famille Charron de Meaux, y compris dans la branche dont est issu notre ancêtre le pionnier Pierre Charron, ont adhéré au protestantisme à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle. Cette ville était d'ailleurs l'un des foyers du protestantisme en France. Pierre Charron fut lui-même baptisé dans la " religion prétendue réformée ", comme on disait alors, et il est vraisemblable qu'il ait soigneusement caché ce fait lors de son arrivée en Nouvelle-France, réservée aux colons catholiques.

Nos recherches démontrent que la lignée des Charron de Meaux déclinait à la fin du XVIIe siècle, plusieurs de ses membres étant décédés sans héritiers mâles. Pierre Charron lui-même, né le 21 octobre 1635, très tôt orphelin de père puis de mère, semblait ne plus avoir d'avenir dans la ville de ses ancêtres lorsqu'il décida d'émigrer en Nouvelle-France. Il fut la souche d'une très nombreuse descendance au Canada, dont font partie à la fois des Charron et des Ducharme, ce dont il sera question sur une autre page de ce site.

Mais avant, faisons un bref arrêt à La Rochelle, en Aunis, question de situer un peu l'origine de Catherine Pillard, épouse de notre ancêtre Pierre Charron. Catherine y est née et y a été baptisée le 30 mars 1646. Recrutée comme Fille du Roi elle arrive en nouvelle-France en 1663, et est confirmée par Monseigneur de Laval en 1664, en même temps que son futur époux. À son mariage, elle déclare être la fille de Pierre et de Marguerite Moulinet de la paroisse de Notre-Dame-de-Cognes, mais selon nos dernières recherches le nom de famille de sa mère est probablement Bouricaud;

Les Charron et les Ducharme en Nouvelle-France

Pierre Charron, fils de Pierre Charron et Judith Martin, arrive en Nouvelle-France en 1661. Il épouse Catherine Pillard le 19 octobre 1665 à Montréal. Ils eurent 12 enfants, qui tous parvinrent à l'âge adulte et se marièrent. On en conviendra, c'était là un excellent moyen d'assurer leur descendance, qui se compte par dizaines de milliers de personnes établies aussi bien au Québec qu'au Canada et aux États-Unis.

Leurs quatre fils, Pierre, Nicolas, François et Jean devaient en effet se charger d'assurer la propagation de leur nom. C'est ce qui arriva en effet, À ceci près que François adopta très tôt le surnom Ducharme, qui se transmettra ultérieurement à tous ses descendants. En 2011, aucun descendant de François ne porte à notre connaissance le nom d'origine Charron. C'est pourquoi les descendants de Pierre Charron et Catherine Pillard sont aujourd'hui connus sous les noms de Charron et Ducharme.

Un mot du contexte bien particulier de la colonie française sur les rives du Saint-Laurent au moment du mariage de Pierre et Catherine. La population y est encore très peu nombreuse et répartie principalement entre trois villages, Québec, fondé en 1608, Trois-Rivières, établi en 1634, et Montréal en 1642. Selon l'historien Benjamin Sulte, le recensement de 1667 estime la population totale de la Nouvelle-France à 3 918 personnes. Montréal, où¹ Pierre et Catherine se sont établis, compte à peine 760 habitants, dont plus de 500 enfants et célibataires. Arrivé dans cette ville en 1661, Pierre Charron en est d'ailleurs un des 600 premiers habitants.