parcheminHaut Charron Ducharme

Hypothèses

Différents hypothèses ont été évoquées pour concilier les informations génétiques et généalogiques concernant Catherine Pillard, certaines par les auteurs mêmes de la remise en question de l’origine française de Catherine Pillard. Nous en ferons une brève recension ci-après et nous les commenterons.

1) Catherine Pillard était une Amérindienne silencieusement assimilée[4] à la population française de Montréal.

Commentaires. Cette hypothèse n’est pas a priori invraisemblable, mais elle soulève de nombreuses difficultés. Premièrement, elle ne repose sur aucun document, comme le démontre l’analyse de Mme Moreau-DesHarnais. Deuxièmement, elle suppose que de nombreux Montréalais (il faut se rappeler que la ville ne comptait que  625 personnes en 1665 [5]) auraient accepté de participer à la supercherie, y compris le prêtre et les nombreux témoins à son mariage, où elle présentée comme originaire de La Rochelle. Troisièmement, elle implique que des personnes connaissaient l’existence d’une Catherine Pillard, née à La Rochelle, dont on pouvait sans risque usurper l’identité. Quatrièmement, on ne connaît aucun motif à une telle mystification, plusieurs Français ayant épousé des Amérindiennes, sans que cela ne semble poser de problèmes. Cinquièmement, elle ne tient pas compte des considérations génétiques évoquées par M. Jacques Beaugrand, précité.

Certains ont fait un lien entre une enfant de 5 mois baptisée à Montréal le 25 novembre 1651 et Catherine Pillard. Ouenta, baptisée sous le nom de Catherine, était, selon le registre de la paroisse Notre-Dame, la fille d’un nommé Du Plat et d’Annengthon. Cependant nous ne savons rien d’autre de cette enfant, hormis les données de l’acte de son baptême. Vrai, le père est nommé Du Plat, et Catherine a souvent été connue sous des noms similaires, comme nous l’avons vu plus haut. Cependant l’orthographe du nom Pillard varie aussi dans les actes retrouvés à La Rochelle.

On notera à ce propos la présence à Québec en février 1652 d’un certain Pierre Plet, et ce moins de trois mois après le baptême précité, à une période de l’année où il était alors impossible d’entrer dans la colonie ou d’en sortir; cette présence est attestée par un contrat notarié [6]. Nous ne faisons pas de lien entre les deux documents, mais la similitude des noms est intéressante.

Le fait qu’une objection ait été émise après la publication du premier ban au mariage de Pierre et Catherine a aussi été évoqué comme soutenant l’origine amérindienne de celle-ci. Malheureusement, les motifs de cette objection n’ont pas été conservés et nous ne saurons donc jamais le fin mot de cette histoire. Pour notre part, nous croyons que cette objection avait un lien avec le protestantisme de Pierre Charron, et non une possible origine amérindienne de Catherine Pillard.

2) Catherine Pillard était une Amérindienne amenée en France et revenue en Nouvelle-France comme Fille du Roi.

Commentaires. Cette hypothèse est aussi théoriquement possible. Champlain lui-même avait adopté trois petites Amérindiennes, qu’il a voulu ramener en France avec lui en 1629, sans succès [7], et de nombreux autres cas similaires sont rapportés tout au long des XVIe  et XVIIe siècles, et même après. On peut imaginer, par exemple, que la petite Ouenta dite Catherine, évoquée plus haut, ait été amenée en France peu après, pour revenir ultérieurement en Nouvelle-France comme Fille du Roi.

Quoi qu’il en soit, cette hypothèse se heurte à plusieurs des objections de la première.

3)  Catherine Pillard était la fille ou la petite-fille née en France d'une Amérindienne  amenée en France à une période antérieure.

Commentaires. Cette hypothèse élimine plusieurs des difficultés que nous rencontrons avec les deux premières. Ainsi, Catherine Pillard aurait été une Française, née à La Rochelle, mais elle aurait été d’origine amérindienne.

Nous savons qu’il y eut régulièrement des Français dans la vallée du Saint-Laurent, depuis au moins 1534, et même sans doute plus tôt. Il est tout à fait possible que ces visiteurs, pêcheurs ou marchands, aient  ramené des Amérindiennes en France, plus particulièrement dans la région de La Rochelle. Cependant, aucun document ne supporte ce fait pour la mère ou les aïeules de Catherine Pillard, et cette hypothèse se heurte aux conclusions de M. Beaugrand.

4) Catherine Pillard était la descendante d'une lignée Sibérienne qui se serait retrouvé en France à une période plus ou moins lointaine.

Commentaires. Les auteurs des articles d’origine ne croyaient pas cette hypothèse vraisemblable mais, ainsi que nous l’avons vu plus haut, c’est la thèse proposée par M. Jacques Beaugrand, qui l’appuie sur une analyse génétique fine.

Position de l’Association des Charron et Ducharme

Après trois ans de réflexion et de recherches, les membres du conseil de notre association en sont venus à trois conclusions, lesquelles se basent  principalement :

  • sur les considérations génétiques émises par M. Jacques Beaugrand;
  • sur les deux documents faisant état de l’origine rochelaise de Catherine Pillard, à savoir l’acte de son mariage avec Pierre Charron, le 19 octobre 1665, et celui du remariage de son second conjoint Sébastien Brisson le 2 juin 1722.
  • Sur l’analyse des documents effectuée par Mme Moreau-DesHarnais.

a)  Catherine Pillard était sans aucun doute une Fille du Roi, arrivée à Montréal à l’automne 1663 sur un bateau en provenance de France qui n’a pas encore été identifié précisément [8].

b)  Elle était selon toute vraisemblance la fille de Pierre Pillard et Marguerite Bouricaud, et a été baptisée à Ste-Marguerite de La Rochelle le 30 mars 1646.

c)  En lignée utérine, Catherine Pillard était issue d’une femme d’origine sibérienne amenée (seule ou avec une famille ou même un groupe plus large) en Europe de l’ouest à une date qui reste impossible à préciser, au moins pour le moment.

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