Septembre 2011 a marqué une étape importante dans la vie de notre association. C’est en effet au cours de ce mois, qu’après plusieurs années de démarches, a été dévoilée officiellement la plaque commémorative rendant hommage à notre ancêtre Pierre Charron, dans sa ville natale de Meaux (Seine-et-Marne). En tant que représentant officiel de l’association à cet événement marquant, je me devais d’en offrir un compte rendu détaillé à nos lecteurs. Vous le trouverez ci-après. 

Le jeudi 15 septembre : on se prépare !

J’avais pris rendez-vous deux jours avant l’inauguration officielle de la plaque commémorative, avec Monsieur Pierre Charon, président de la Société historique de Meaux et de sa région (SHMR), médecin interniste et cardiologue retraité. Nous voulions faire plus ample connaissance avant le dévoilement de la plaque commémorative rendant hommage à notre ancêtre Pierre Charron, fixé au samedi 17 septembre. L’an dernier, lors de mon précédent voyage en France, il m’avait été impossible de le rencontrer, la SNCF étant en grève et les lignes de train plus que perturbées.

En avant-midi nous avons d’abord rencontré, à la direction des affaires culturelles de la ville de Meaux, Madame Muriel Héricher, maire-adjoint délégué à la Culture, au Patrimoine historique, aux Relations internationales et aux Fêtes et cérémonies, ainsi que Madame Anne Berbain adjointe à la direction des affaires culturelles, pour discuter du déroulement de la journée de samedi. Après cette rencontre et un excellent déjeuner préparé par Madame Françoise Charon, épouse de Monsieur Charon, nous sommes partis à la découverte de Meaux. Quelle merveilleuse chance de visiter la ville qui a vu naître notre ancêtre Pierre Charron, le 21 octobre 1635, en compagnie du président de la SHMR et de l’archiviste de cette société, Madame Josette Vitry, guide-conférencière retraitée de la ville de Meaux! Remparts Gallo-romains

Meldois est le nom que l’on donne depuis longtemps aux habitants de la ville de Meaux. Ce nom rappelle les Meldes, tribu gauloise qui s’installa sur le site de la commune aux abords du méandre de la Marne dans le plateau de la Brie. Après la conquête romaine, César donne le nom de Iatinum à la ville. À la fin du IIIe siècle, les Gallo-romains construisent à l’extrémité sud de la ville des remparts pour protéger les habitants des incursions barbares. Des vestiges de l’ancien castrum romain sont toujours présents dans la vieille ville de Meaux sur la rive droite de la Marne.

Progressivement, la population augmente. À partir du XIIIe siècle, au sud, sur la rive gauche de la Marne, le nouveau quartier du marché voit le jour grâce aux comtes de Champagne. On apprend lors de la tourmente de la Jacquerie en 1358 que le marché avait été fortifié séparément de la ville. Les fortifications du marché résisteront longtemps; elles survivront notamment à la guerre de Cent Ans et à la campagne de France de Napoléon. Au XVIIIe siècle, le rempart mourut lentement d’inoccupation et d’inutilité.

Le réputé brie de MeauxAujourd’hui le vieux marché est plus calme que jadis, sauf  le samedi ou on y retrouve l’animation d’un grand marché. Sous la halle se retrouvent les producteurs régionaux de fruits et légumes, les marchands de fromage dont le fameux brie de Meaux, orgueil des gens de la place depuis 1793, sacré roi des fromages en 1814 au Congrès de Vienne. La halle métallique du marché, construite en 1879, remplace l’ancien bâtiment en bois de châtaignier et plâtras et surmontée d’un clocheton qui avait été érigé en 1773. Plusieurs rues du quartier du vieux marché et le vieux pont du marché sont aussi fermées pour la journée. On y retrouve tous les produits de consommation, de la brocante et des marchandises de toutes sortes.

Un seul pont permettait la traversée de la Marne sur l’ancienne voie romaine entre Meaux (Iatinum) et Troyes. Ce pont était aussi la seule voie de contact entre les deux quartiers fortifiés de la ville. Le vieux pont du marché était construit en bois sur pilotis, remplacés par des piliers de maçonnerie dans la première moitié du XVIe siècle, mais le tablier était toujours en bois. À la même époque on retrouvait sur le pont d’un côté des moulins et de l’autre des échoppes et des boutiques. Au début du XXe siècle, comme en fait foi une carte postale, les moulins existaient toujours sur le pont avant leur disparition dans un incendie la nuit du 17 juin 1920.

Le vieux pont du marché vers 1910Sur la rive droite de la Marne, dans la vieille ville, la cathédrale Saint-Étienne fut construite sur une période de près de quatre siècles. Du début, vers 1170, au parachèvement de la tour nord en 1540, de nombreux arrêts du chantier ont eu lieu dus aux troubles politiques, aux guerres de religion et à des contextes financiers difficiles. L’architecture de la cathédrale emploie plusieurs styles, de classique au début à gothique flamboyant à la fin de la construction. Au XIXe siècle, d’importants travaux de restauration ont été nécessaires pour sauver la cathédrale de la ruine . Bien qu’il fût protestant, notre ancêtre Pierre Charron a certainement connu cette cathédrale, terminée bien avant son départ pour la Nouvelle-France.

La cathédrale St-Etienne de MeauxOn ne peut parler de la cathédrale Saint-Étienne sans parler de celui qui fut surnommé l’Aigle de Meaux, Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704). En 1670, il devient le précepteur du dauphin, fils de Louis XIV, fonction qu’il occupera pendant 10 ans. Il a aussi été élu à l’Académie française en 1671. Et nommé évêque à la cathédrale de Meaux en 1681. Théologien, orateur historien, philosophe cartésien indépendant, il combattit le protestantisme et le jansénisme. Il décède à Paris en 1704.

Le samedi 17 septembre 2011 : dévoilement de la plaque commémorative.

Notre hôte Pierre Charon nous avait donné rendez-vous à midi trente au restaurant La Péniche, amarré au quai Sadi-Carnot, sur la rive gauche de la Marne. En effet, pour souligner l’événement, la SHMR recevait à déjeuner nuls autres que le délégué général du Québec en France, Monsieur Michel Robitaille, et son épouse, Madame Marie-Dominique Decninck, qui rehaussaient de leur présence cette journée. Aussi présents à ce déjeuner Madame Françoise Charon, Monsieur Denis Vassigh, vice-président de la SHMR, Monsieur Pierre Chéret, secrétaire de la SHMR, Madame Josette Vitry, archiviste de la SHMR, Monsieur Jean-François Viel, notre généalogiste attitré en France, Monsieur Émile Ducharme, doyen de notre association, sa nièce Madame Marie-Nicole Ducharme, ainsi que mon ami généalogiste Monsieur Jean Pierre Desjardins et moi-même. 

Bien repus après le déjeuner, nous avions une belle heure devant nous avant la cérémonie officielle du dévoilement de la plaque commémorative. Nous en avons profité pour déambuler dans les rues du quartier du grand marché de Meaux. Même en cette journée nuageuse, la foule est présente à tous les étals du marché, autant sous la halle principale que dans les rues avoisinantes. 

Vers 16 heures, nous nous sommes rassemblés à la Médiathèque du Luxembourg, située rue Cornillon, rue où notre ancêtre a possédé des propriétés héritées de sa famille. J’ai pu enfin admirer notre plaque commémorative qui a temporairement été installée en ce lieu. Cette plaque en marbre, de 75 cm sur 150 cm, pèse entre 150 et 175 kilos. Ceci a soulevé des questions sur la solidité du mur de l’édifice devant la supporter (une boulangerie située face à la Médiathèque) et, conséquemment, sur la sécurité des piétons qui passent quotidiennement dans cette rue. La ville de Meaux a donc, pour la circonstance, fait faire une reproduction de notre plaque sur plexiglas et l’a installée temporairement à l’endroit choisi. Une expertise sur la solidité du mur sera effectuée. Il est aussi possible qu’un autre endroit à proximité soit choisi pour l’installation définitive de la plaque de marbre. Nous en saurons davantage à ce sujet sous peu et nous en tiendrons bien sûr informés nos membres.

Quoi qu’il en soit, toutes les personnes présentes au déjeuner s’étaient réunies sur l’esplanade de la Médiathèque. Une petite foule d’une soixantaine de personnes, composée de Meldois et de visiteurs étrangers, s’était jointe au rassemblement. Et là, parmi cette foule, une agréable surprise nous attendait : la présence de Madame Estelle Charron, membre de notre association, et de son mari Monsieur Daniel Ashby, alors en voyage en France. Puis nous ont rejoints le député-maire de Meaux, Monsieur Jean-François Copé, Mesdames Héricher et Berbain, rencontrées le jeudi précédent, Monsieur Régis Sarazin, maire de Nanteuil-les-Meaux (ville où a été baptisé l’ancêtre Pierre Charron), Monsieur Laurent Guillaume, président du comité de jumelage de Meauxi et plusieurs membres de la SHMR, ainsi que Monsieur Olivier Girault, l’artisan qui a fait la gravure de notre plaque. 

Après le mot de bienvenue de Monsieur Charon, il m’appartenait de remercier les personnes responsables de cet événement marquant. Ont pris ensuite la parole le maire-adjoint de Meaux, Madame Héricher, et enfin le député-maire Monsieur Jean-François Copé, à qui fut remis une belle édition reliée de notre publication Les familles Charron de Meaux et les familles alliées.

Amuse-gueules et champagne étaient au menu de la réception qui venait clore cette journée riche en émotions et en fierté. Cette mission a été accomplie grâce à la détermination du conseil d’administration et de tous les membres de l’Association des Charron et Ducharme inc.

Commémoration 2011 à Meaux

Vous pouvez visionner la vidéo du dévoilement de la plaque commémorative en cliquant sur le lien www.youtube.com/watch?v=-Z1zu1RzaL4

 

350e anniversaire de Longueuil

Depuis 15 ans, les relations entre Pierre Charron et la seigneurie de Longueuil ont fait l’objet de plusieurs articles dans le Trait d’union. Les célébrations entourant le 350ème anniversaire de Longueuil nous ont donné l’occasion de souligner l’importance de ces liens. En effet, l’installation de Pierre Charron à Longueuil a marqué de façon décisive l’histoire et la généalogie de notre famille, car Pierre et son épouse Catherine Pillard y ont passé plus de la moitié de leur vie en Nouvelle-France. Plusieurs de leurs enfants s’y sont aussi installés, épousant des hommes ou des femmes issus des autres pionniers de cette seigneurie; il en a été de même de leurs descendants.

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